Online Wind Waker

Introduction

Bienvenue sur ce blog !

L'idée d'Online Wind Waker a vu le jour peu après celle de la conception d'une série de fanzines, The Wind Waker1. L'ambition des fanzines est de constituer un ensemble de documents-témoins accompagnant ma vie auprès des formes. Je l'envisage comme un journal qui se concentre sur la vie intérieure au travail, ses conditions d'existence, et son environnement. Mon point de départ est le travail en art, et plus particulièrement le travail de la peinture, médium particulier avec lequel j'entretiens une forte attraction. Seront partagés dans ces fanzines un large registre d'images, des notes de journal, des entretiens,... The Wind Waker est créé pour accompagner ma pratique sur le long-terme et regrouper des contenus hétérogènes.

Online Wind Waker est un entre-deux entre The Wind Waker et un site traditionnel faisant office de catalogue. La mission de ce blog est de partager mes productions formelles (peintures, dessins, gravures, photographies et textes) en tant qu'objets finis et consultables. Il s'agit du premier espace digital que j'utilise exclusivement pour héberger mes formes. J'ai choisi cette plateforme spécifiquement pour son indépendance, sa longévité, et son aspect analogique. Les fonctionnalités de mise en page sont limitées ; la plateforme étant conçue pour le partage d'articles de blog, elle n'est pas idéale pour la consultation d'images (affichage par défaut, qualité limitée, pas d'option zoom). Ces contraintes m'ont amené à concevoir un modèle de classement dont je suis très fière, et dont je n'aurais pas eu l'idée avec une plateforme en « page blanche », je m'accorde donc sans problème à ces limitations pour le moment, et j'espère qu'elles ne gêneront pas votre navigation.

La navigation dans ce site est élémentaire. En l'état, il y a deux entrées. En cliquant sur Home ou sur le gros titre Online Wind Waker, vous vous retrouverez sur cette page d'introduction. Pour entrer au coeur du site et accéder à son contenu, cliquez sur Blog. C'est l'interface principale. Elle contient 11 articles, qui sont des catégories dans lesquelles vous trouverez soit un corpus d'oeuvres soit un type de contenu. Chaque catégorie est "fermée" (pensez à une corde repliée sur elle-même), vous pouvez donc revenir à l'interface Blog à tout moment avec un simple retour en arrière.

Présentation de ma méthode de classement en catégories

Avant tout, il faut savoir que je ne travaille pas en série. C'est en prenant du recul sur mon travail que j'ai commencé à identifier les ensembles qui constituent chaque catégorie. Pour les nommer, les mots anglais en « D » se sont mis à pleuvoir. Par je ne sais quel hasard linguistique, j'avais la possibilité de lister sous la même initiale un grand nombre de thématiques fondamentales qui tracent fidèlement les contours d'une partie de mon univers artistique. Chaque catégorie en « D » correspond à une dimension de mon travail qui est pertinente dans le présent.

La conception de ces catégories comme dimensions est une manière de prolonger la conscience réflective de mon activité. La création est un acte en trois dimensions, qui porte dans mon cas sur une exploration du monde à deux dimensions (les images du monde plat), et qui est à jamais liée à la quatrième dimension de notre univers (le temps). À mesure que je développe ma relation aux images, et, encore une fois, plus particulièrement via la peinture (j'y reviendrai), j'ai l'impression de constater l'existence d'autres dimensions perceptibles. J'ai parfois même l'impression que la matière me parle -mais il est encore un peu tôt pour ça.

Le choix du nombre de catégories a été fixé à 11 en référence à la théorie M, qui est une théorie physique cherchant à unifier les forces et interactions fondamentales de l'univers en un seul modèle, et qui, pour ce faire, doit postuler d'un plus grand nombre de dimensions dans l'univers que les quatre dimensions établies. Je ne comprends évidemment pas le détail de ces recherches et me contente des résumés vulgarisés que je suis en mesure d'appréhender. Si j'avais eu les moyens d'aborder ces questions du point de vue de la physique, j'aurais peut-être choisi de rejoindre mes collègues du département quantique pour travailler à l'aide de puissants télescopes et de manipulations mathématiques rigoureuses, plutôt que de rester à faire de la peinture comme un cochon. Je cite la théorie M comme une manière d'officialiser mon association à ce genre de délires, et car j'aime son aspect mystérieux. Elle a un côté presque sauvage, vous voyez ce que je veux dire ? Il n'est bien entendu pas nécessaire de comprendre la théorie des cordes pour appréhender mon travail -aha sans blague.

Quelques éléments pour comprendre ma méthode de classement

La première catégorie, Dreams, dinos and dragons, regroupe un ensemble d'oeuvres liées thématiquement. C'est le premier niveau de compréhension de ma méthode de classement : l'emplacement de l'oeuvre est déterminé par sa thématique, qu'elle soit du fait de son sujet, de son ambiance, de ses composants matériels ou de ses conditions d'apparition. Par exemple, Zelda & Sheik se battent puis ken dans les airs est le dessin d'un rêve que j'ai fait, ni plus, ni moins -mais plus pour longtemps.

Car Zelda & Sheik se battent puis ken dans les airs aurait tout aussi bien pu figurer dans la deuxième catégorie, Desire. Après tout, c'est un rêve de cul. Sauf que, et c'est ce qui rend cette histoire de catégories plus intéressante qu'il n'y paraît, la plupart des oeuvres peuvent s'intégrer à au moins deux catégories différentes. Le deuxième niveau de compréhension de ma méthode de classement est celui du choix de la catégorie d'accueil d'une image pouvant s'intégrer à plusieurs catégories. À l'inverse existe aussi le cas d'oeuvres n'étant liées qu'à une seule et unique catégorie. C'est le cas de La Weirdo.

Le troisième niveau de compréhension de ma méthode tient en ceci : il y a des choses que vous ne savez pas. Quand Zelda et Sheik se battent au début du rêve, c'est un combat à mort, ce qui aurait pu m'amener à classer l'oeuvre dans la troisième catégorie, Death. Zelda et Sheik s'avèrent aussi être un seul et même personnage2, et alors, la catégorie Doppelgängers and dolls aurait également pu convenir.

Le corpus de Desire n'est pas à prendre de façon littérale, malgré le fait que les oeuvres qui le composent tournent autour du corps physique F3. L'interprétation thématique, qui était pertinente pour comprendre la formation de Dreams, dinos and dragons, n'est plus aussi efficace, elle tombe à côté -bien qu'elle ne soit pas totalement hors de propos. Desire est pour moi la catégorie la plus surprenante, car toutes ses oeuvres auraient pu être situées ailleurs. Sa particularité est qu'elle existe alors qu'elle était dispensable. C'est de plus la seule catégorie qui se compose d'oeuvres réalisées dans un laps de temps très court -moins d'une année.

Ducks n' dicks n'a pas de structure interne très développée. Pour moi, les canards et les bites n'ont pas grand chose à voir, et je n'ai pas eu d'intérêt particulier à les associer. De ce point de vue, c'est le corpus le plus « faible » pour ce qui est de la cohésion interne. Qu'est-ce qui a donc motivé la survie de cette catégorie ? La réponse se trouve ici du côté des sens, de l'oreille et de la prononciation. Ducks n' dicks sonne bien, voilà tout. Cette catégorie a été fabriquée tant bien que mal afin qu'existe la plastique impeccable de son titre. Cela nous indique une nouvelle variable à prendre en compte pour comprendre ma méthode de classement : la plasticité.

Il me faut définir ce que j'entends par plasticité, parce que, pour le coup, c'est un concept vraiment important qui a trait à toutes les dimensions de mon travail -c'est en quelque sorte mon carburant. Il s'agit des caractéristiques formelles concrètes, de la matérialité physique des images. De leur composition cellulaire, en quelque sorte. C'est ce qui constitue le corps des images, et non plus leurs référents désignés. Cette matérialité se divise en deux aspects.

  1. Les matériaux physiques et les techniques utilisées pour la fabrication du volume de l'oeuvre : nature et trame des toiles, qualité de la tension et de l'enduction des tableaux, grammage du papier, préciosité, prix et composition des couleurs (chimiques ou minérales), moyens de conservation, etc.
  2. C'est là où la notion de matérialité devient un peu étriquée -mais je n'en connais pas encore de meilleure pour essayer de décrire ce concept paradoxal : la matérialité de l'image bidimensionnelle. Ce concept enveloppe le geste, les traces de brosse, les couleurs, la lumière, le poids des formes (opacités VS transparences), et bien entendu, très important, la position des éléments dans l'espace (la composition) et les rapports d'échelle et de circulation qui en découlent. En somme, les choses vivantes4 capturées dans la peinture.

Ces éléments participent à fournir aux images une personnalité, un corps immatériel qu'on ne peut pas appréhender par une approche strictement thématique. Prenez un carré : selon qu'il soit peint de telle ou telle manière, il peut vous apparaître rigide, géométrique, glacial, miroitant, fragile et hermétique, ou bien léger, animé d'ondulations, balayé de plis glissant comme sur la surface d'un tissu pris dans un courant d'air, pouvant avoir la taille d'un mouchoir de poche comme celle d'une voile immense5.

Distance réunit des images qui ont une relation plutôt formelle que thématique à la notion de distance. Pour être plus précise encore, leur thématique résulte de leur matérialité. Cette matérialité de la distance tient par exemple dans la présence nette d'une étendue ou d'un espace entre deux éléments distincts (Sans titre (Carré bleu)). Une autre distance possible est celle entre une couche supérieure transparente et la couche du dessous, avec entre les deux un vide ou une atmosphère possédant une densité (Sans titre (Losange vert)). Le pliage est une autre opération qui génère de la distance, en opposant deux éléments symétriques en miroir, reliés en leur qualité de reflet, de siamois -le cordon étant le pli (Tampon Noeud et Tampon Tête). Un effet similaire se produit lorsqu’une oeuvre est composée en symétrie sans l'intervention d'un pliage littéral (Chat classe). La distance est également présente lorsqu'elle est volontairement niée, lorsque la peinture est utilisée pour boucher le tableau (AbEx Essence).

Details et Displays ont été conçues telles que, de l'une à l'autre, un changement d'échelle se produise. L'idée est de manifester les sensations bizarres ressenties lors du passage entre un objet gros, grand et proche, et un objet minuscule et lointain.


Vous pouvez me contacter en m'écrivant à patarinfanny@gmail.com ou via Instagram. N'hésitez pas à me signaler les fautes d'orthographe si vous en remarquez.

LONGUE VIE À L'ART « DIFFICILE », AUX FEMMES « DIFFICILES », ET À L'ART QUI N'EST PAS FAIT QUE POUR ÊTRE VENDU ! LONGUE VIE À LA FUSION RADICALE DE L'ESPRIT ET DU CORPS ! PENSEZ & RESSENTEZ ! PARLEZ & AGISSEZ !
(Extrait du fanzine The O.-G. v.3, (2010), réalisé par Amy Sillman pour son exposition Transformer (...or, how many lightbulbs does it take to change a painting ?), à Sikkema Jenkins, New York (15 avril - 15 mai 2010)

  1. La publication et la diffusion des différents volumes de The Wind Waker seront conditionnées par mon contexte de vie, mes moyens et mes possibilités en termes d'impression. Le tout premier volume de la série est en train d'être conçu, et sera disponible lors du Fanzines ? Festival ! se tenant à Paris les 21 et 22 Juin 2025.

  2. Du moins dans l'univers duquel les personnages de Zelda et de Sheik sont pour moi issus, le jeu Super Smash Bros. Melee, sorti sur GameCube en 2001.

  3. J'utilise la majuscule F pour désigner l'identité sociale « femme » et la majuscule H pour désigner l'identité sociale « homme ». Ces abréviations se réfèrent aux notions de féminin et de masculin, et sont à entendre au sens large, comme genre social ou comme notion philosophique binaire. L'aspect symbolique et généralisant des majuscules correspond mieux à la façon dont j'utilise ces notions : elles ne sont pas particulières ni ne désignent des personnes incarnées, mais plutôt une structure, une étymologie, une norme, un réseau d'attente, etc.

  4. Cette conception de la matérialité doit en effet prendre en compte la vie physique de la matière, c'est-à-dire sa physicalité, non pas réduite à sa forme et à ses matériaux perceptibles (paille, bois, brique) mais à sa physique fondamentale et à sa chimie. L'idée est simple, bien que grandiloquente : pour comprendre un ensemble, il faut s'intéresser à sa vie cellulaire, de la même manière qu'on ne peut pas comprendre les évènements cosmiques si l'on ne prend pas aussi en compte les évènements atomiques.

  5. Cette illustration est volontairement exagérée, mais ce que je décris est tout à fait banal en peinture. Dans un tableau, les choses peuvent véritablement gagner dix tonnes ou dix mètres en un clignement de paupières, car l'image peinte existe sous différentes formes en différents endroits au même moment. Ce fait curieux quant à la matière, à la forme et au temps de la peinture constitue pour moi l'essence de sa spécificité. C'est ce qui me plaît le plus chez elle, le caractère unique et insaisissable de sa personnalité. Quand elle est là, je ne regarde plus les autres médiums. Pourtant, elle n'est pas toujours belle à regarder, elle peut même être vraiment LAIDE. On dirait qu’elle ne se regarde pas dans le miroir avant de sortir. Mais d'un côté c'est ça qui fait qu'elle est toujours plus cool que tout le monde. J'aime bien qu'elle ne se préoccupe pas trop de son apparence. Et des fois elle est juste MÉGA belle, et je vois que le regard des gens change : d'un coup tout le monde veut lui parler ou être vu avec elle. Elle peut être tellement contradictoire ! Il arrive qu'elle me fasse complètement tourner en rond, parfois elle est même carrément toxique et me traite comme une MERDE. Quand j'en attends trop d'elle ou que je deviens possessive, ça la rend aigrie et brutale. Elle se comporte vraiment comme une connasse parfois, je n'ai pas forcément les moyens ou l'énergie de répondre à ses caprices. On dirait qu'elle s'attend à ce que je plaque tout pour elle ! Mais à côté de ça, il y a des moments où elle est plus passive, très douce, elle me laisse même prendre les rênes. Ça me fait me sentir super puissante quand elle devient ma petite chose. Aussi elle est très patiente, et elle pose un regard vraiment intelligent sur les choses. Elle ne me culpabilise jamais si je ne comprend pas quelque chose du premier coup. Nos conversations sont vraiment super, on peut aller au fond des choses. Je pense que notre relation fonctionne bien parce que je lui laisse beaucoup de liberté, et on fait souvent des choses nouvelles ensemble, c'est comme si on se redécouvrait à chaque fois ! Quand on traîne ou qu'on est posées ensemble, j'ai juste à sentir son odeur ou à la regarder dormir et je suis TRANSPORTÉE dans un autre univers, sur Namek ou je sais pas où.